lundi 15 septembre 2008

Le DIF réduit les inégalités d'accès à la formation

Selon une étude récente, le DIF semble favoriser l'accès à la formation des salariés qui jusque-là en étaient le plus éloignés, à savoir ceux des petites entreprises et ceux qui occupent les postes les moins qualifiés.


Le centre d’études et de recherche sur les qualifications (Céreq) vient de publier une étude sur le DIF dont le titre est clair : « le DIF, un outil pour réduire les inégalités d’accès à la formation continue ».

Cette étude confirme, comme d’autres, que les inégalités d’accès à la formation continue dépendent de nombreux paramètres parmi lesquels le secteur d’activité, la taille de l’entreprise et la catégorie socioprofessionnelle de l’emploi occupé par le salarié. Pour le Céreq, le DIF semble jouer favorablement, sur ces trois facteurs au moins, avec comme premier effet d’augmenter l’accès à la formation continue dans les entreprises qui en font usage.

Toutefois, comme le remarque cette étude, le taux d’accès au DIF reste relativement faible même s’il progresse régulièrement. Les droits ouverts progressent beaucoup plus rapidement que les droits consommés. Moins de 3 % des droits ouverts ont été consommés en 2006. Les salariés qui se sont formés via le DIF en 2006 ont utilisé en moyenne vingt heures environ de leur crédit.

I. - Le DIF amoindrit les inégalités d'accès à la formation entre les secteurs d'activité

Les secteurs dont le taux d’accès à la formation est le plus important sont aussi le plus souvent ceux où le taux d’accès au DIF est le plus élevé. À l’inverse, les secteurs où le taux d’accès à la formation est parmi les plus faibles sont généralement ceux où le taux d’accès au DIF est inférieur à la moyenne nationale.

Pourtant, selon l’étude du Céreq, « lorsque les entreprises d’un secteur très peu formateur ont recours au DIF, le taux d’accès de leurs salariés à la formation est nettement en hausse. Ainsi, même si dans un secteur le recours au DIF reste limité, tant en termes d’entreprises utilisatrices que de salariés bénéficiaires, dans les entreprises où il est utilisé, les salariés voient leur chance d’accéder à la formation augmenter fortement ».

Dans le secteur de l’habillement, par exemple, lorsque les entreprises ont recours au DIF, la part des salariés formés est 2,5 fois plus importante que dans les entreprises de ce même secteur qui ne font pas usage du DIF.

II. - Le DIF stimule la formation dans les petites entreprises

Au même titre que le secteur d’activité, la taille des entreprises pèse fortement sur l’accès à la formation : les salariés se forment d’autant plus que leur entreprise est grande. En 2006, les salariés des petites entreprises étaient, en proportion, quatre fois moins nombreux à avoir utilisé leur DIF que ceux des grandes.

Les entreprises ont d’autant moins recours au DIF qu’elles sont de petite taille. Cependant, explique le Céreq, « lorsque ces petites entreprises utilisent le DIF, cela modifie nettement leur comportement en matière de formation, et la hiérarchie s’inverse alors. En effet, dans les petites entreprises qui ont eu recours au DIF en 2006, un salarié sur cinq a bénéficié de ce dispositif, contre seulement un sur vingt dans les grandes entreprises utilisatrices du DIF ».

III. - Moins d'inégalités entre cadres et ouvriers

En matière d’accès à la formation, à l’effet de la taille de l’entreprise à laquelle le salarié appartient, s’ajoute celui de la catégorie socioprofessionnelle de l’emploi occupé. En 2006, dans les petites entreprises, le taux d’accès à la formation des ouvriers est 2,3 fois moins important que celui des cadres.

Dans les très grandes entreprises, ce rapport n’est que 1,2. L’écart est plus grand encore, si l’on s’attache uniquement au taux d’accès au DIF : dans les petites entreprises, les ouvriers accèdent 4 fois moins souvent au DIF que les cadres ; 2,1 fois moins souvent dans les très grandes.

Mais, là encore, souligne le Céreq, « cela ne signifie pas pour autant que le DIF ne soit pas à même de réduire les inégalités d’accès à la formation entre catégories socioprofessionnelles, bien au contraire. En effet, dans les entreprises qui ont pratiqué le DIF, non seulement la disparité d’accès à ce dispositif entre ouvriers et cadres est moindre mais, qui plus est, c’est dans les petites entreprises qu’elle est la plus faible ».

Le Céreq constate que « plus généralement, les écarts de taux d’accès à la formation entre catégories socioprofessionnelles ont tendance à se réduire dans les entreprises qui font usage du DIF ».

> Bref Céreq n° 255, août 2008