Au moment où apparaît le « Pôle emploi », les nouvelles obligations des chômeurs sont précisées. Le contrôle des chômeurs, dont la recherche d'emploi est déjà encadrée par le projet personnalisé d'accès à l'emploi (PPAE), est renforcé par le dispositif de l'offre raisonnable d'emploi. Par ailleurs, la condition d'âge permettant de bénéficier d'une dispense de recherche d'emploi est repoussée en attendant sa disparition pour 2012.
Le suivi des chômeurs est, de toute évidence, renforcé par les mesures prévues par la loi du 1er août dont l’entrée en vigueur est effective depuis la parution du décret d’application du 13 octobre. En contrepartie d’un engagement et d’un accompagnement plus individualisé de la part du Pôle emploi, les chômeurs doivent envisager leur recherche en tenant compte de l’écoulement du temps. Toutefois l’exercice trouvera sa limite dans la situation du marché du travail.
À noter que la loi du 1er août a prévu également l’instauration d’un médiateur national et de médiateurs régionaux, au sein du Pôle emploi, chargés de recevoir et de traiter les réclamations individuelles des usagers (C. trav. nouv., art. L. 5312-12-1).
I. - Le PPAE et l'offre raisonnable d'emploi
À l’origine, le PPAE a été institué par les partenaires sociaux dans le cadre de la convention d’assurance chômage du 18 janvier 2006. Il prévoit un cadre de référence individuel de recherche d’emploi pour les chômeurs indemnisés.
La loi du 1er août 2008 fournit une assise législative au PPAE. Désormais, les demandeurs d’emploi (DE) sont tenus non seulement d’accomplir des actes positifs et répétés de recherche d’emploi mais également de participer à la définition et à l’actualisation du PPAE et d’accepter les offres raisonnables d’emploi.
Le PPAE est établi au plus tard dans les 15 jours de l’inscription à l’ANPE (ou à « Pôle emploi », la nouvelle institution issue de la fusion ANPE/Asdic).
Il comporte la nature et les caractéristiques de l’emploi ou des emplois recherchés, la zone géographique privilégiée et le niveau de salaire attendu. Ces éléments sont établis en tenant compte de la formation du DE, de ses qualifications et des compétences acquises au cours de ses expériences professionnelles ainsi que de sa situation personnelle et familiale et de la situation du marché local. Le PPAE est ensuite notifié au DE. Toutes les réactualisations ultérieures feront l’objet d’une nouvelle notification.
Le PPAE comporte aussi les engagements pris par l’ANPE (ou « Pôle emploi ») en matière d’accompagnement personnalisé, de formation et d’aide à la mobilité.
L’innovation principale de la loi porte toutefois sur l’offre raisonnable d’emploi, qui est définie par :
– la nature et les caractéristiques de l’emploi ou des emplois recherchés ;
– la zone géographique privilégiée ;
– le salaire attendu.
La réactualisation trimestrielle de l’offre raisonnable d’emploi permet de réviser ces éléments constitutifs. Ainsi, après trois mois d’inscription sur la liste des demandeurs d’emploi, est considérée comme raisonnable une offre d’emploi compatible avec les qualifications et les compétences professionnelles, rémunérée à 95 % du salaire antérieur. Ce taux est porté à 85 % après 6 mois d’inscription. Après 1 an d’inscription, la rémunération proposée peut être égale à la valeur de l’allocation chômage perçue par le demandeur. À noter que le suivi d’une formation professionnelle prévue dans le PPAE proroge ces durées.
Toutefois, le demandeur d’emploi n’est pas tenu d’accepter un niveau de salaire inférieur au salaire normalement pratiqué dans la région pour la profession concernée, ou inférieur aux rémunérations conventionnelles ou, a fortiori, au SMIC. De même, si le PPAE prévoit que l’emploi recherché est à temps complet, le demandeur n’est pas tenu d’accepter un emploi à temps partiel.
Remarque : le salaire antérieur est établi selon les mêmes règles que celles qui s’appliquent au salaire de référence (base de calcul des allocations de chômage), ramené sur une base horaire.
Par ailleurs, après 6 mois d’inscription, est considérée comme raisonnable une offre d’emploi entraînant une durée de trajet d’au plus 1 heure ou une distance d’au plus 30 km, à l’aller comme au retour.
S’agissant des demandeurs d’emploi en cours d’indemnisation, ces délais sont décomptés à partir de la date où le PPAE est défini ou actualisé pour la première fois.
Exemple : une offre d’emploi, comportant une rémunération inférieure au salaire antérieurement perçu de 5 %, sera considérée comme raisonnable à compter d’un délai de 3 mois après toute réactualisation du PPAE faite au-delà du 15 octobre 2008.
C. trav. nouv., art. L. 5411-6, L. 5412-1, L. 5426-2 mod. par L. n° 2008-758, 1er août 2008 : JO, 2 août
C. trav. nouv., art. L. 5411-6-1, L. 5411-6-2, L. 5411-6-3, L. 5411-6-4 créés par L. n° 2008-758, 1er août 2008 : JO, 2 août
C. trav. nouv., art. R. 5411-10, R. 5411-11, R. 5411-14, R. 5411-15 mod. par D. n° 2008-1056, 13 oct. 2008 : JO, 14 oct.
L. n° 2008-758, 1er août 2008, art. 6 : JO, 2 août
II. - Adaptation des sanctions prévues pour les demandeurs d'emploi
Deux motifs de radiation de la liste des demandeurs d’emploi et de suspension ou de suppression des allocations de chômage sont ajoutés : le refus, sans motif légitime, à deux reprises, d’une offre raisonnable d’emploi d’une part, et le refus sans motif légitime de définir ou d’actualiser le PPAE, d’autre part.
Compte tenu de ces modifications, le DE s’expose à 15 jours de radiation de la liste des demandeurs d’emploi et par une réduction de 20 % des allocations de chômage pendant une période comprise entre 2 à 6 mois en cas de :
- refus d’accomplir des actes positifs et répétés de recherche d’emploi ;
- refus de suivre une formation ou une action d’aide à la recherche d’emploi s’inscrivant dans le PPAE ;
- refus d’une proposition de contrat d’apprentissage, de professionnalisation ou d’un contrat aidé.
Il s’expose à une radiation et une suppression des allocations pendant 2 mois pour :
- refus, sans motif légitime, à deux reprises d’une offre raisonnable d’emploi ;
- refus d’élaborer ou d’actualiser le PPAE ;
- refus de répondre aux convocations des services de l’emploi ;
- refus de se soumettre à une visite médicale.
Enfin, il est prévu une radiation des DE qui auraient effectué de fausses déclarations pour être ou demeurer inscrits sur la liste des demandeurs d’emploi. Les fraudes ou les fausses déclarations faites pour percevoir les allocations de chômage sont sanctionnées par une suppression définitive des allocations.
Remarque : toutefois est maintenue la disposition selon laquelle, lorsque la fausse déclaration est liée à une reprise d'activité d’une durée très brève, les allocations ne sont supprimées que pour une durée de 2 à 6 mois.
À noter que le pouvoir des Asdic de suspendre ou de réduire à titre conservatoire le versement des allocations d’assurance chômage sera supprimé à la date de création effective du « Pôle emploi » (la nouvelle institution issue de la fusion ANPE/Asdic).
Remarque : cette institution sera créée le jour de la première réunion de son conseil d’administration.
C. trav. nouv., art. L. 5412-1 mod. par L. n° 2008-758, 1er août 2008 JO, 2 août
C. trav. nouv., art. L. 5412-2 créé par L. n° 2008-758, 1er août 2008 JO, 2 août
C. trav. nouv., art. R. 5412-1, R. 5412-5, R. 5412-8, R. 5426-3, R. 5426-6, R. 5426-7, R. 5426-8, R. 5426-9 mod. par D. n° 2008-1056, 13 oct. 2008 : JO, 14 oct.
C. trav. nouv. art. R. 5426-4 et R. 5426-5 abrogés
L. n° 2008-758, 1er août 2008, art. 12 : JO, 2 août
III. - Suppression à terme de la dispense de recherche d'emploi
Jusqu’à présent, les demandeurs d’emploi bénéficiaires de l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE) pouvaient, à leur demande, être dispensés de recherche d’emploi tout en continuant de percevoir les allocations. Cette disposition était applicable aux allocataires âgés d’au moins 57 ans et demi ou de 55 ans s’ils justifiaient de 160 trimestres validés dans les régimes obligatoires d’assurance vieillesse.
Désormais, la dispense de recherche d’emploi ne sera accordée qu’aux allocataires âgés d’au moins 58 ans en 2009, puis à ceux âgés d’au moins 59 ans en 2010 et enfin à ceux d’au moins 60 ans en 2011.
Remarque : les bénéficiaires de l’allocation de solidarité spécifique (ASS) devront être âgés d’au moins 56 ans et demi en 2009, d’au moins 58 ans en 2010 et d’au moins 60 ans en 2011 pour demander une dispense de recherche d’emploi. Actuellement le dispositif est applicable à compter de 55 ans.
À compter du 1er janvier 2012, ce mécanisme sera supprimé, sauf pour les allocataires qui en seront titulaires à cette date.
Un rapport, présenté au Parlement et déposé avant le 30 juin 2011, devra toutefois mesurer l’impact de la mesure sur le retour à l’emploi des intéressés ainsi que l’opportunité d’un aménagement de la législation.
C. trav. nouv., art. L. 5411-8, L. 5421-3, L. 5426-2 mod. par L. n° 2008-758, 1er août 2008 JO, 2 août
C. trav. nouv. art. D. 5411-13,
L. n° 2008-758, 1er août 2008, art. 4 II, III et IV : JO, 2 août
Ce commentaire de la Rédaction des Dictionnaires et Net Permanent Social sera repris dans le bulletin n° 889.
Voir la fiche descriptive du Net Permanent Social.
> L. n° 2008-758, 1er août 2008, art. 4 II, III et IV : JO, 2 août
> D. n° 2008-1056, 13 oct. 2008 : JO, 14 oct.